En Belgique, l’épargne à long terme est un des rares placements qui permet de réduire ses impôts tout en constituant un capital, pour préparer sa retraite ou financer un projet à plus long terme. Ce guide vous détaille toutes les informations à prendre en compte concernant ce placement. Cette épargne à long terme permet de récupérer jusqu’à 735 euros par an via la déclaration fiscale selon certaines conditions de revenu.
Ce produit est souvent confondu avec l’épargne-pension. Il s’agit pourtant de deux produits distincts, avec des plafonds distincts et des mécanismes différents. Et bonne nouvelle, ils peuvent être combinés pour maximiser l’avantage fiscal. Suivez ce guide pour comprendre tout ce qu’il faut savoir pour maximiser cet avantage fiscal : formules disponibles, fonctionnement concret et formule pratique.
Qu’est-ce que l’épargne à long terme en Belgique?
L’épargne à long-terme est un contrat d’assurance-vie souscrit auprès d’un assureur avec un engagement minimum de dix ans jusqu’au 65 ans du souscripteur (avec possibilité de prolongation dans certains cas). Ce n’est ni un livret d’épargne ni une épargne disponible : le capital est engagé sur la durée et ne peut pas être récupéré librement sans pénalités fiscales. C’est un produit d’assurance encadré par le code des impôts sur les revenus.
Tous les contribuables belges peuvent y souscrire, qu’il ait ou non un prêt hypothécaire en cours. Plusieurs formules sont disponibles selon le niveau de risque souhaité et l’horizon de placement souhaité. Il existe deux grandes familles, la branche 21 (capital garanti) et la branche 23 (liée aux marchés financiers).
Ce produit est souvent confondu avec l’épargne pension, voici les différences entre les deux :
Épargne à long terme | Épargne-pension | |
Plafond 2026 | 2.450 euros par an (maximum absolu sous condition de revenu) | 1.050 euros (25%) ou 1.350 euros (30%) |
Réduction fiscale | 30% | en versant de 0 à 1.050 euros (30%), pour plus de 1.050 euros, 25% |
Produit | Assurance-vie (branche 21 ou 23) | Fond de pension ou assurance pension |
Taxe sur les primes | 2% sur chaque versement | 0% |
Lié au prêt hypothécair | Possible (corbeille fiscale commune) | Non |
Cumulable | Avec l’épargne-pension | Avec l’épargne long-terme |
Les deux produits sont complémentaires, les combiner est souvent la stratégie la plus efficace sur le plan fiscal.
Quels sont exactement les avantages fiscaux liés à l’épargne long terme?
C’est clairement l’argument principal de ce produit. L’épargne à long terme peut générer non pas un mais potentiellement deux avantages fiscaux distincts.
Le premier avantage : une réduction fiscale de 30%
Sur chaque euro versé jusqu’au plafond annuel, il est possible de récupérer 30% via la déclaration fiscale. En 2026, le plafond absolu est fixé à 2450 euros par an, ce qui permet de bénéficier d’une réduction maximale de 735 euros par an sur ses impôts.
Point d’attention : ce plafond de 2.450 euros est maximum absolu. Le montant réellement déductible dépend de vos revenus professionnels imposables:
- formule : 6% des revenus pros nets + 186,6 euros sans pouvoir dépasser 2.450 euros
- le plafond maximal de 2.450 euros est atteint à partir d’environ 37.800-38.000 euros de revenus nets imposables
Prenons deux exemples concrets, en supposant des revenus suffisants pour atteindre le plafond :
- un épargnant qui verse 150 euros par mois (soit 1800 euros par an) récupère 540 euros via sa déclaration fiscale
- un épargnant qui 204 euros par mois (soit 2450 euros par an, le montant maximal) récupère 735 euros.
Attention ce n’est pas un crédit d’impôts remboursable. Si l’impôt dû est inférieur à la réduction calculée sur le revenu net imposable, la différence est perdue. Il faut donc avoir une charge fiscale suffisante pour en bénéficier pleinement.
Taxe sur les primes : chaque versement en épargne à long terme est soumis à une taxe d’assurance de 2% prélevée automatiquement par l’assureur. Cette taxe n’existe pas pour l’épargne pension.
Le deuxième avantage : les plafonds d’épargne sont indépendants
Une bonne nouvelle : les plafonds de l’épargne à long terme et de l’épargne-pension sont indépendants. Il est donc possible de combiner les deux et de maximiser simultanément les deux réductions fiscales.
En 2026, l’épargne-pension permet :
- une réduction de 30% sur maximum 1050 euros (soit 315 euros)
- ou une réduction de 25 % sur maximum 1350 euros (soit 337,6 euros)
En cumulant les deux produits au maximum, l’avantage fiscal annuel peut atteindre 735 euros (épargne long terme) plus 337,5 euros (épargne pension à 35%), c’est à dire jusqu’à 1.072,5 euros par an récupérés.
Pour un indépendant qui maximise les deux, cela représente une réduction de plus de 1.000 euros sur sa facture d’impôts annuelle.
Attention au plafond commun avec les crédit hypothécaire
C’est le point qui nécessite le plus de vigilance. Si un prêt hypothécaire est en cours de pour la résidence principale, le plafond disponible pour l’épargne à long terme peut être réduit ou annulé sur la région de résidence :
- En Flandre, le bonus logement a été supprimé en 2020. Le plafond de l’épargne à long terme est donc pleinement disponible en bénéficiant fiscalement de ce produit ne pose aucun problème.
- En Wallonie et à Bruxelles : le chèque-habitat est toujours actif. La compatibilité avec l’épargne à long terme dépend du montant du prêt et des revenus nets imposables, car les deux avantages fiscaux partagent la même corbeille fiscale. Point à vérifier au cas par cas avec un conseiller.
À noter que dans le cadre d’un crédit bullet, l’épargne à long terme est souvent utilisée comme produit de remboursement du capital, ce qui en fait un outil doublement intéressant sur le plan fiscal.
Quelles solutions d’épargne à long terme existent en Belgique?
Deux grandes familles de placements sont éligibles à l’avantage fiscal de l’épargne à long terme. Le choix entre les deux dépend essentiellement du niveau de risque accepté et de l’horizon de placement.
La branche 21 : sécurité et capital garanti
La branche 21 est un contrat d’assurance-vie à capital garanti. L’assureur s’engage à restituer au minimum le capital versé via les primes, augmenté d’un taux minimum légal. En 2026, le rendement net des contrats de branche 21 se situe généralement entre 2 et 2,5% brut selon les assureurs, avec une possible participation bénéficiaire en sus.
C’est la formule idéale pour un épargnant prudent, proche de la retraite, qui privilégie la sécurité à la performance. Le capital est protégé par le Fonds de Garantie belge jusqu’à 100.000 euros par compagnie d’assurance en cas de faillite (principalement en cas de faillite).
Les frais d’entrée sont généralement de 2 à 4% par versement. C’est un point à négocier au moment de la souscription pour améliorer le rendement net final.
La branche 23 : rendement potentiel plus élevé
La branche 23 est un contrat d’assurance-vie lié à des fonds d’investissement (actions, obligations, fonds mixtes). Le capital n’est pas garanti, il évolue en fonction des fluctuations des marchés financiers.
Sur le long terme, le rendement historique d’une branche 23 bien diversifiée se situe entre 3 et 6% par an selon le fonds choisi. C’est nettement supérieur à la branche 21, mais avec un niveau de risque plus élevé et une possibilité de perte de capital en cas de mauvaise performance sur les marchés.
Cette formule a plus tendance à convenir à un épargnant dynamique, avec un horizon de placement de 15 à 20 ans et une tolérance aux fluctuations. La plupart des contrats permettent de changer de fonds en cours de route. Les frais de gestion annuels varient entre 0,5 et 1,5% selon le fonds, un point crucial à comparer entre les assureurs.
Branche 21 et branche 23, le récapitulatif
Branche 21 | Branche 23 | |
Capital garanti | Oui | Non |
Rendement net (ordre de grandeur) | Environ de 2 à 2,5 % fixe, avec les participations) | 3 à 6% (variable, non garanti) |
Niveau de risque | Faible | Modéré à élevé |
Fluctuation | Aucune | Possibles |
Avantage fiscal | 30% | 30% |
Protection Fonds Garantie | Oui (jusqu’à 100.00 euros) | Limitée (pas de garantie en capital) |
Frais d’entrée | 2 à 4 % | 2 à 4% |
Comment fonctionne concrètement l’épargne à long terme?
La souscription se fait uniquement auprès d’un assureur ou d’un courtier. Les primes peuvent être versées de façon libre ou programmée (mensuelle, trimestrielle, annuelle), il n’y a pas d’obligation de verser chaque année.
Deux conditions doivent être remplies simultanément pour bénéficier de l’avantage fiscal :
- une durée minimale du contrat de 10 ans
- le maintien du contrat jusqu’à 65 ans du souscripteur (avec des possibilités de prolongation jusqu’à 99 ans dans certains cas si le contrat a été ouvert avant 55 ans)
La règle des 60 ans, à bien comprendre
C’est le mécanisme fiscal central de ce produit. À 60 ans, ou au dixième anniversaire du contrat si souscrit après 55 ans, l’Etat prélève une taxe libératoire de 10% sur le capital constitué à ce moment. Après ce prélèvement, les primes peuvent continuer à être versées jusqu’à 65 ans (et parfois au-delà dans les configurations spécifiques) sans nouvelle imposition à la sortie. C’est là que la stratégie devient très intéressante : continuer à épargner après 60 ans permet de continuer à récupérer la réduction fiscale de 30% sans aucune taxe supplémentaire à la sortie finale.
En cas de sortie anticipée (avant 60 ans ou avant 10 ans), une taxe de 33% (plus les taxes communales), s’appliquent sur le capital constitué, et l’avantage fiscal des trois dernières années est récupéré par l’Etat. À éviter absolument.
En cas de décès, le capital est versé au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) dans le contrat, selon les modalités prévues.
Quels sont les risques de l’épargne à long terme?
Comme tous les placement financiers, l’épargne à long terme comporte des risques qu’il vaut mieux connaître avant de souscrire :
- Le premier est le risque de sous-performance pour les contrats en branche 23. Si les marchés financiers traversent une période de fluctuations négatives prolongée, le capital accumulé peut être insuffisant par rapport aux primes versées.
- Ensuite, il faut tenir compte du manque de liquidité. Contrairement à une épargne disponible, le capital est bloqué pendant toute la durée du contrat. Tout retrait anticipé entraîne donc des pénalités fiscales détaillées ci-dessus.
- Le risque d’inflation concerne principalement les contrats en branche 21 : avec un rendement net de 2 à 2,5%, le capital peut progresser moins vite que l’inflation réelle sur certaines périodes.
- Les frais d’entrée (de 2 à 4% par prime versée) et la taxe de 2% sur les primes peuvent grignoter significativement le rendement net sur une courte durée. C’est un point à comparer avec un courtier ou les assureurs.
- Enfin, en cas de faillite de l’assureur, la protection du Fonds de Garantie est limitée à 100.000 euros par assureur (surtout pour les produits avec capital garanti). Au-delà de ce montant, le capital n’est pas garanti. Il est donc prudent de répartir les placements entre plusieurs assureurs si les montants sont importants.
